Une illustration peut rester sur une feuille, être imprimée sur une affiche ou prendre suffisamment d’ampleur pour que le public puisse littéralement entrer dedans. C’est cette troisième voie qui a été choisie pour une commande de la Ville de Thonon à l’occasion d’Halloween.
Le projet consistait à concevoir et peindre un présentoir grand format destiné aux enfants. Quatre ouvertures permettaient de passer la tête à travers le décor et de prendre la place d’un vampire, d’une sorcière, d’une momie ou d’une créature surgie d’une citrouille.
Une illustration conçue pour devenir une expérience
Le présentoir ne devait pas seulement être regardé. Il devait fonctionner comme une petite scène dans laquelle plusieurs enfants pouvaient prendre place en même temps.
La composition a donc été pensée autour des ouvertures prévues dans le support. Chaque emplacement devait correspondre naturellement à un personnage, sans donner l’impression que les visages avaient été ajoutés après coup. Les personnages, les accessoires et les éléments de décor relient l’ensemble pour former une image unique.

Trouver le bon équilibre pour un jeune public
Halloween autorise les monstres, les squelettes, les potions douteuses et les citrouilles peu rassurantes. Pour un décor destiné aux enfants, il faut cependant conserver un ton amusant et lisible.
Les personnages sont volontairement expressifs et légèrement inquiétants, mais jamais réalistes au point de devenir réellement effrayants. Les couleurs franches, les formes exagérées et les nombreux détails transforment l’horreur en terrain de jeu.
Cette adaptation au public est essentielle. Une illustration destinée à une maternelle, une école primaire ou un centre jeunesse ne se construit pas de la même façon. Le style, la densité de l’image et le niveau de second degré doivent suivre l’âge des enfants qui vont vivre avec le décor.
Passer du dessin au support grand format
Le changement d’échelle ne consiste pas à agrandir mécaniquement un petit dessin. Il faut vérifier la lisibilité à distance, renforcer certaines silhouettes et tenir compte des dimensions réelles du support.
Une fois le placement validé, les grandes masses sont installées en premier. Les contours, les volumes, les ombres et les détails viennent progressivement. Des outils adaptés permettent de retrouver sur une grande surface une liberté de geste assez proche de celle du dessin sur papier.

Une peinture directe qui conserve la force du trait
Le décor a été peint directement sur son support. Cette méthode conserve les traces du geste, les variations de matière et une énergie que l’on ne retrouve pas toujours dans un visuel simplement imprimé puis contrecollé.
Les aplats posent rapidement l’ambiance générale. Les rehauts plus clairs, les ombres colorées et les contours viennent ensuite donner du volume aux personnages. Le dessin reste très présent : même en grand format, l’objectif n’est pas de lisser l’image, mais de préserver son caractère illustratif.
Un support de communication qui crée aussi un souvenir
Le passe-tête possède un avantage évident pour une collectivité ou une structure jeunesse : le public ne reste pas spectateur. Les enfants jouent avec le décor, se placent ensemble devant l’objectif et repartent avec une photo.
Le support devient ainsi à la fois une décoration, une animation autonome et un élément de communication pour l’événement. Il peut être installé dans une école, un centre de loisirs, une médiathèque, une salle communale ou un espace public adapté.

Du présentoir à la fresque murale
Ce projet illustre directement la démarche que je souhaite développer pour les écoles, les centres de loisirs et les structures jeunesse. Le principe reste le même, qu’il s’agisse d’un support mobile ou d’un mur : imaginer un univers adapté au lieu, préparer une composition originale puis la peindre à grande échelle.
La participation des enfants peut exister sous une forme légère — échanges autour du thème, choix entre plusieurs pistes ou découverte du travail en cours — sans que le projet soit nécessairement une fresque collective. La conception et la réalisation peuvent rester entièrement prises en charge par l’illustrateur afin de garantir un résultat cohérent et durable.
Un mur, un préau, un hall ou un simple panneau peuvent ainsi devenir un décor narratif pensé spécialement pour les enfants qui utilisent le lieu.

